mercredi 13 août 2014

Galerie Photo et Bande-Annonce

Une galerie photo est maintenant en ligne:

Galerie photo Wings Over Greenland II

Mika est toujours en Islande pour son travail, et avec lui la plupart des bonnes sequences video. En attendant son retour et le montage d'un vrai film, voici une petite bande annonce bricolée avec quelques sequences prises avec un des appareils photos et une des cameras embarquées:




jeudi 19 juin 2014

Le moment est venu de vous remercier !

Nous tenons particulièrement à vous remercier (proches, amis, connaissances et "inconnus" !), vous qui vous êtes intéressés à cette aventure, avez parcouru ce blog et laissé de très sympathiques messages à notre intention. Nous avons pris durant ces deux mois autant de plaisir à tenter de témoigner de notre quotidien (il y aurait encore beaucoup de chose à dire...) qu'à vous lire lorsque Romain ou Laurent nous retransmettaient vos messages. Comment ne pas l'avouer ? le regard de l'autre est un catalyseur d'énergie bienvenu lorsqu'il faut se "surpasser" (faire ce même voyage totalement "incognito", sans donner ni prendre de nouvelles, serait en fait un tout autre exploit... davantage à l'image de ce que faisaient les grands noms de l'exploration il y a un siècle...).
Si nous sommes humblement parvenus à distiller un peu de rêve et des parfums d'aventure au travers de nos témoignages quotidiens, alors nous vous aurons rendu (espérons-le) la monnaie de la pièce et nous serons parvenus à nos fins, témoigner de cette épopée pour ce qu'elle fut tout simplement : le goût du dépassement de soi, le plaisir futile de l'expérience rare... Merci à vous tous !

Nous étions deux sur la glace. Mais dans l'ombre (rien à voir avec le côté obscur de la Force ;-) œuvrait une toute petite équipe, créée de manière impromptue, de proches et d'amis, qui relayaient nos messages et nous transmettaient les informations utiles et "inutiles" :

- Maestro Laurent Jégu, coordinateur logistique (Laurent est guide et gérant d'une petite agence de voyage en Islande, à la fois homme de terrain et de bureau ; si vous souhaitez visiter l'Islande, il est le bon interlocuteur ! www.aventuresenislande.fr ) et webmaster en chef : a assuré un énorme travail de traduction et de mise en ligne sur les blogs français et anglais de l'expé. Un immense merci et bravo à toi l'ami !

- Romain Moissard, secrétaire de l'asso Wings over Greenland, "facteur" en chef, webmestre en second et coordinateur communication Facebook. Un pilier sur qui on peut compter en toute circonstance !

- Rémi Charavin, coordinateur communication Facebook en chef (combien de "like" à ton actif, frangin ?). Un grand plaisir que tu es rejoins le team. Un premier pied virtuel au Groenland avant, peut-être, une visite bien réelle !?

- Sylvie Boileau, compagne de Mika et agent 008, chargée de nous informer quotidiennement de la progression de l'équipe "concurrente" de Dixie & Eric (dite "equipe des Belges" - probablement parce que le Canada est un bien petit pays ;-). Se lève même la nuit pour connaître la position de son équipe préférée !

- Thomas Roth, fidèle ami de Cornelius, coordinateur cartographie du blog, "routeur géographique" à loccasion et agent 009, chargé de nous tenir informé de l'avancée de l'équipe "concurrente" espagnole (dite "l'équipe Ramon", du prénom du génial inventeur de l'original "vaisseau des glaces"- à voir peut-être dans le 7eme opus de la Guerre des Etoiles...)

- Sans oublier Marc De Keyser, notre très sympathique et attentionné routeur météo (Marc agissait ici dans le cadre de sa profession, voir son site www.weather4expeditions.com), excellent agent double (joke !) car travaillant également pour l'équipe dites des Belges, et grâce à qui nous avons quotidiennement bénéficié d'infos météo et aerologiques claires et détaillées, de conseils de routage avisés, sans lesquelles ce long voyage (en distance) serait aussi un très long voyage dans la durée. Merci pour tout Marc.

Cette réalisation vous appartient, le succès de cette expé est aussi le vôtre. Un immense et très sincère merci à vous six !


Étant les propres financiers de notre voyage, mais nous retrouvant là à la limite de ce que nous étions en mesure d'assumer nous-mêmes, nous avons créé l'association Wings over Greenland dont l'objectif avoué était de récolter quelques fonds supplémentaires.
Laurence & Luc, Hervé, Pascal "Golgoth", Jérôme, Francis, Corinne, Bernard & Jacqueline, Cécile & Pedro, Nolwenn & Pauline, Amélie, Mathiouse, sincèrement merci pour votre soutien et votre contribution. Vos noms sont associés à ce tour de l'inlandsis !

Un tout grand merci également à nos 3 partenaires officiels pour avoir cru en notre projet et suivi notre aventure :

- Roger (SNOWSLED Polar ltd, www.snowsled.com), c'est la seconde fois que nous nous unissons autour d'un long voyage en snowkite ; et c'est à nouveau un parcours sans faute des "pulkas bleues". Peut-être n'imagines tu pas complètement ce que nous faisons endurer à celles-ci ? Nous pensons pouvoir dire que si elles résistent parfaitement au traitement que nous venons de leur infliger, elles résistent probablement à tout. Excellent job, merci pour la fiabilité de ton matériel et pour ton implication dans notre projet [nous étions équipés des pulkas Snowsled "Expedition"] !

- Ramon & Ernst (kites FLYSURFER, www.flysurfer.com), merci d'avoir crû en notre projet. Nous avons pleinement conscience de l'utilisation spécifique que nous avons fait des kites Speed3 19 et Speed4 10, nous savons que votre cœur de clientèle est bien différent de ce que nous sommes et recherchons dans un kite. Mais nous sommes cependant convaincus qu'en chaque kiteur raisonne la fibre de l'aventure lointaine. En associant le nom de votre entreprise à notre aventure, Flysurfer détient simplement, en tant que "constructeur", le record actuel du voyage le plus long jamais réalisé en snowkite !

- Oliv et Joh (magazine CARNETS D'AVENTURES), bien reçu tous vos messages d'encouragement, merci de nous avoir suivi de près et d'avoir relayé l'info sur le site du mag (www.expemag.com) et sur sa page FB. A tout bientôt "à la maison", dans les Hautes-Alpes !
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mardi 17 juin 2014

Finish rock'n'roll !

News a posteriori, relatives aux 15 & 16 juin (etapes 50 & 51) :

15 juin, camp 50
Distance du jour : 67 km
Distance totale : 5067 km
Position : N61.027 W46.766
Altitude : environ 100 m
Temps de progression : plus de 9H

16 juin, Fjord Qaleralik, point de récupération bateau
Distance du jour : quelques centaines de mètres...
Distance totale : 5067 km
Position : N61.027 W46.762
Altitude : 0 mètre
Temps de progression : 2H30

Il est 4H30 (matin) lorsque nous montons le camp après une étape de plus de 11 heures de progression quasi ininterrompue. C'est pour nous l'heure du dîner (celle, entre autre, de la soupe et d'un plat lyophilisé). C'est aussi le moment où nous envoyons notre position à Marc, afin qu'il puisse établir et nous renvoyer dans les heures qui suivent un bulletin météo faisant état, avec le plus de précision possible, des directions et vitesses de vent, pour les 3 jours à venir ; à la position donnée pour la prévision du jour 1, à des positions que nous avons les chances d'atteindre pour les jours 2 & 3.

Nous relisons la dernière previ reçu une quinzaine d'heures plus tôt : Marc nous y annonce sans détour qu'il faut tenter de finir dans les 36 heures sous peine de nous voir "engluer" dans une pétole de plusieurs jours. Au moment où nous relisons cette information, le délais ne court plus que sur une petite vingtaine d'heures et inclus même un créneau "mou" entre deux créneaux a priori suffisamment venté.
Dilemme : si nous prenons le temps de nous reposer, nous n'aurons, selon toute vraisemblance, plus aucune marge de manœuvre vis à vis du vent ; et si le tout dernier créneau annoncé devait finalement ne pas fonctionner (c'est un art risqué que d'établir une prévision de vent pour une position très précise, notamment en bordure de calotte où le relief alentour nuance et complexifie le régime de pression et de vent propre à l'inlandsis), nous serions alors coincés, sans vent, à 70 km du point final de l'expé...

Aucun de nous deux ne souhaite prendre ce risque. Et au lieu de nous glisser dans nos sacs de couchage que nous venons tout juste de déballer, nous prenons la décision de boire un café, de demonter le camp et de repartir sur le champ. Nous dormirons une autre fois...

Départ 10 heures, dans une brise fluette d'est. Nous deplions les gros guns (nos Speed 19) et constatons immédiatement que la vitesse du vent à 30 mètres est supérieure à celle constatée au sol et que la pente (même faible) démultiplie le potentiel de traction de la voile. En deux mots, nous sommes clairement surtoilés et avons beaucoup de mal à tenir le cap tant la traction est forte. Dans ces conditions il devient illusoire de pouvoir s'arrêter immédiatement en cas de nécessité (présence de crevasses par exemple). Nous affalons les 19 et gréons les Speed 10.
Malheureusement, la pente en "profite" pour s'adoucir au point de presque disparaître sur les 20 km suivants ; nous nous faisons "enterrer" à plusieurs reprises. Patiemment, nous grignotons du terrain, et retrouvons progressivement davantage de pente. Aux environs du kilomètre 35, nous nous arrêtons net devant une petite succession d'affaissements caractéristiques de ponts de neige recouvrant des crevasses. Les ponts sont encore complètement formés et ont l'air solides. Rapidement, nous considérons que nous prenons davantage de risques dans ces circonstances précises à tenter de zigzaguer entre des ponts de neige que nous découvrons au dernier moment plutôt que de les franchir avec de la vitesse. Nous écartons l'un de l'autre et accelerons la cadence...

Un peu plus en aval, des lacs de fonte d'un magnifique bleu outremer se sont formés dans les cuvettes. L'idée d'y faire trempette ne nous séduit guère et nous espérons pouvoir les contourner sans y sombrer définitivement... Nous sommes arrivés à une altitude critique où tout le manteau neigeux est en train de fondre à grande vitesse. La neige est littéralement "pourrie". Les skis tracent de profond sillons, les pulkas ne glissent plus, il faut utiliser toute la puissance des voiles pour continuer d'avancer dans ce bourbier. Mais là encore, pire serait de devoir tracter les pulkas sans l'aide des ailes ou de devoir monter un camp dans cette fange...
Plus nous avançons, et plus nous avons le sentiment qu'il faut forcer le passage, ne surtout pas s'arrêter. Car les difficultés à se sortir de là par nos propres moyens deviendraient alors vraiment réelles.

Un peu plus bas en aval, apparaissent les premières plaques de glace vive. Le soulagement de retrouver une surface plus portante est vite tempérée par le constat suivant : nous pénétrons dans la zone où le manteau neigeux a déjà en partie disparu, laissant deviner les crevasses sous chaque pont de neige restant. Mais là encore, l'effort à fournir à pied ou même à ski serait considérable pour zigzaguer dans ces lacis de crevasses, et le risque de chute à travers un pont ne serait finalement pas moins grand. Donc, toujours ce sentiment : il faut forcer le passage, même si nous devons prendre certains risques pour cela. Nous zigzaguons autant que possible sur les bandes de glace grises que nous savons saines, et quand il n'y a plus d'autres issues, nous envoyons des loops d'ailes en pleine "fenêtre" (zone où le kite évolue et tracte efficacement) dans le but de franchir les ponts de neige le plus rapidement possible. De temps en temps, nous découvrons au dern
ier
moment une crevasse ouverte (ces dernières ne sont jamais très grosses) qu'il faut alors franchir tant bien que mal, en espérant ne pas mettre les skis dedans et que les pulkas n'y tombent pas...

Plus en aval encore, c'est finalement avec soulagement que nous nous dirigeons vers une cuvette où de l'eau de fonte s'écoule sur de la glace grise. Nous faisons littéralement du ski nautique dans un paysage d'un gris sale entrecoupé de ruissellements et de piscines d'un bleu lagon qui contraste singulièrement avec les couleurs tamisées que nous voyons depuis deux mois. C'est tout à fait déconcertant de progresser dans un tel environnement avec un kite et des pulkas... Mais le seul risque ici serait de s'étaler dans une flaque...

Un peu plus loin, le vent tombe et nous plions un dernière fois nos kites. Nous sommes encore à 8 km du fjord. Nous tractons maintenant nos pulkas à pied ou à ski sur une glace grise, rugueuse et bosselée, tantôt les tirant comme des forcenés lorsqu'elles se bloquent sur une relief ou dans un trous, tantôt courant devant pour ne pas se faire écraser par ces engins pesants et glissants dés que la pente s'accélère à nouveau un peu...

A deux kilomètres et demi du but, nous dépassons l'endroit où nous avions installé le premier camp deux mois plus tôt. Ce que nous appelions alors le collet est en fait une dépression que fait le glacier sur laquelle se meurt une moraine centrale. Cette dernière étant maintenant déneigée, nous nous voyons dans l'obligation d'un portage de notre equipement en huit aller-retours, durant une heure et demi.
Une nouvelle descente un peu raide en rive droite du glacier nous amènent au seul endroit où l'on peut en sortir avant qu'il ne termine sa course au niveau d'un abrupt front glaciaire. Il est 19h30, cela fait plus de 9 h que nous progressons sans pause ou presque, et près de 20 heures que nous progressons sur les 26 dernières heures. Et bien que nous ne soyons plus qu'à 100 mètres d'altitude, nous n'avons pas le courage d'entreprendre les multiples portages nécessaires pour descendre tout notre équipement jusqu'en rive droite du fjord Qaleralik. Nous bivouaquons là, "à la belle étoile", sur les cailloux de la moraine, ne trouvant aucun emplacement pour poser notre tente. Le temps est menaçant, le coin triste et sordide ; nous essuyons 3 petites averses durant la nuit, mais rien qui ne nous empêche vraiment de dormir...

Le 16 au matin, nous enchaînons les aller-retours dans les éboulis de la moraine. A 11 heures, le matériel a totalement était acheminé sur les bords du fjords, à quelques encablures de l'endroit où nous avions quitté ses rives 58 jours plus tôt. Le ciel s'assombrit de nouveau, il pleut déjà quelques gouttes lorsqu'arrive une grosse barque équipée d'un moteur hors-bord de 90 chevaux vient nous récupérer. Nous naviguons à travers fjords jusqu'au village de Narsaq. L'expédition Wings over Greenland II vient de prendre fin...

D'autres messages à suivre dans les jours à venir. Restez à l'écoute !
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lundi 16 juin 2014

5067 km : expédition Wings over Greenland II terminée avec succès !


Nous avons rejoint (avec l'ensemble de notre matériel) les rives escarpées du fjord Qaleralik ce matin vers 11 heures, 59eme jour d'expédition.

Position : N61.027 W46.762, altitude 0 m

Un total de 5067 km parcourus en 58 jours pleins (le départ avait eu lieu le 19 avril à 13 heures).
Ce qui en fait le plus long voyage (en distance) réalisé à ce jour en snowkite (et très probablement aussi à ski), en autonomie complète.

Un petit bateau est venu nous récupérer. Nous venons tout juste d'arriver au village de Narsaq, prêt pour une bonne douche, quelques bières et un champagne "local" !!

Des détails à venir très rapidement sur le blog concernant les 48 dernières heures, pauvres en sommeil mais riches en actions et émotions...

Nous en profitons pour adresser nos sincères remerciements aux personnes de Narsaq et Narsarsuaq qui nous ont apporté leur aide et soutien : Paul Cohen, Helgi Jonasson (propriétaire de la guesthouse où nous logeons) et Jacky Simoud (transports bateau).

dimanche 15 juin 2014

5000 km, nous comptons...

15 juin camp 49
Distance aujourd'hui : 153 km
Distance totale : 5001 km
Position : 61.6072 N 47.0510 W, alt 1700 m
Temps de progression : 11 h

Nous venions d'installer le campement, et terminions le dîner (à 6 heures du matin !). En lisant une nouvelle fois les prévisions météo nous nous sommes rendus compte que la dernière fenêtre de météo favorable pour regagner la côte avant un moment était... maintenant.

Après 30 minutes de sieste pour Cornelius, et 0 pour Mika, nous décidions de nous élancer pour aller le plus loin possible. Wings Over Greenland fait le kilomètre de plus...

Nous reviendrons sur les détails plus tard.

Cornelius dédie ces 5000 km à ses parents qui l'ont mis sur des skis très jeune, et à son oncle Wolfgang, qui l'a familiarisé aux objets volants - les deux passions au coeur de ce voyage.

samedi 14 juin 2014

En approche...

Nuit du 13 au 14 juin, camp 48
Distance du jour : 118 km
Distance totale : 4849 km
Position : N61.899 W44.228, alt 2260 m
Temps de progression : 8 H

Bon vent ce matin, mais la couverture nuageuse dense et les averses de grésil dégradent fortement les conditions de visibilité. Or, l'état de surface de la neige, regelée et bosselée, ainsi que le risque de trouver des zones crevassées en travers de notre route sur les premiers kilomètres de l'étape, nous incitent à attendre les éclaircies prévues pour la fin de journée.
A 18 h 30, départ sous un ciel très bas, les éclaircies se font toujours attendre, la visibilité reste mauvaise. Nous distinguons à l'est, de temps à autres, le massif Runde Keglefjeld et différents chainons anonymes qui culminent autour des 2100 m d'altitude dans la region des fjords Tingmiarmiut et Mogens Helnesen.
Progressant toujours dans un relief en terrasses, nous nous faisons "enterrés" un moment dans une cuvette et devons ressortir toute la toile (Speed 19) pour parvenir à nous extraire de là...
Puis progressivement, tandis que le manteau neigeux s'adoucit et devient étonnement lisse, un léger catabatique semble vouloir s'associer au vent météo pour dégager les cieux et nous pousser désormais plus franchement.
Repassés en Speed 10, nous retrouvons assez de pression pour tirer des bords francs descendants sous un superbe lever de lune.

Aux environs du kilomètre 90, apparaissent sur nos horizons sud et sud-est, deux nunataks. Celui au sud, en forme de remparts, s'élèvent assez notamment au-dessus de la calotte (2820 m). Nous faisons cap sur le second.
Il est 2h30 du matin lorsque nous posons les voiles dans un jour déjà renaissant. Nous distinguons maintenant une continuité de nunataks s'étageant entre 2000 et 2300 mètres d'altitude, relativement proches (environ 20 km), à l'est de notre position. Nous n'irons pas plus loin dans cette direction.

Demain, nous ferons cap à l'ouest pour contourner les grands glaciers qui dévalent les pentes dans la region nord de Narsarsuaq.

vendredi 13 juin 2014

Chambre avec vue


12 juin, camp 47
Distance aujourd'hui : 174 km
Distance totale : 4730 km
Position : 62.9393 N 43.8304 W, alt 2200 m
Temps de progression : 12 h

Nous avons démarré unpeu au nord de la latitude de Nansen Bugt, lorqu'il a finalement trouvé la terre après avoir dérivé à travers une dense banquise lors de son épique traversée est-ouest. Nous avons certainement croisé ses traces, en virant de bord sous des vents faibles arrière tirés par notre Speed 3 19m2.

Rapidement nous avons vu sur 3 pics très distincts jouant à cache cache au gré des dépressions et terrasses que nous traversons. Il s'agissait très probablement du Treforken ominant la Terre de Thor, le Skoldungen et la terre de Kong Skjolds, hauts d'environ 2150 m.

Nous étions déjà captivés par ce qu'allait nous offrir la traversée de la terre de Kong Frederik VI Kyst ; c'etait sans compter sur ces vues spectaculaires. Puis nous avons eu en toile de fond les Nunataks Lokes qui séparent kes glaciers de Rinfaxe et Guldfaxe, et Skirners Bergs qui s'avance vers la côte est. Nous pouvions observer de nombreux pics englacés, séparés par de gigantesques glaciers ; nous nous sommes alors demandés combien de ces pics ont déjà été escaladés ou skiés.

Ca faisait un moment qu'on n'avait qu'un ciel bleu clair aux effets un peu laiteux, typique des latitudes du grand nord ; nous avions enfin droit à du bleu plus prononcé, marké par des nuages stratosphériques et ses lentilles aux contours nets au dessus des æontagnes côtières, indicateur de vents très soutenus en altitude. Des stratocumulus ont pris place très rapidement, et tout d'un coup la légère breeze s'est intensifiée au point qu'il nous a fallu faire vite pour descendre nos speed 19m2 après environ 80 km. Il faisait doux et le soleil était suffisement puissant pour faire fondre les premiers centimètres de neige... plutôt agréable pour nous après 55 jours de surfaces dures et assez difficiles.

Nous avons donc continué avec les speed 10m2. En traversant le bassin de drainage du glacier Heimdal, nos pouvionc apercevoir de grandes crevasses plus loin sur notre trajectoire. Si elles étaient à priori bien recouvertes de ponts de neige, nous n'avons pas tenté le dible, et les avons contournées, tout en profitant de vues sur les superbes montagnes se trouvant sur notre est. L'avancée était très bonne et efficace. Jusqu'à ce qu'on atteigne le gigantesque bassin sans nom, drainage de la calotte vers le fjord Tingmiarmiut : ses pentes sont très crevassées, comportant même des séracs au milieu, juste au dessus de montagne et de la roche. Nous avons dû modifier notre trajectoire un peu vers l'ouest pour éviter les dangers qui accompagnent ces vues magnifiques. Pour finir, nous avons réussi à ne traverser qu'une petite crevasse au pont de neige apparent, mais néanmoins bien solide.

Le ciel s'est encore assombri, nous ôtant tout contraste sur une surface qi s'est de nouveau durcie. Nous montions le camp après 174 km avec une vue iprenable sur le bassin de drainage du fjord Tingmiarmiut. Encadré par les majestueuses montagnes sur notre droite et notrre gauche, nous pouvons voir la banquise tr`€s dense sur le fjord, les îles de Ingmikortukajik et Uvtorsiutit, et très loin vers l'horizon, la mer, presque noire. Chambre avec vue !

Nous sommes de nouveau plus au sud que la latitude de la pointe sud de l'Islande. De nouveau, salutations Laurent...