vendredi 7 mars 2014

Soutenez « Wings over Greenland » !


De retour aux "affaires" après un break d'un mois pour cause de guidages intensifs en Norvège en ce qui concerne Mika et par manque de temps pour Cornelius qui s'est exclusivement focalisé sur les tâches logistiques ces dernières semaines, notamment la préparation des rations alimentaires et l'envoi du fret. Deux sujets de premières importances sur lesquels il reviendra lors de prochaines news...

Un aspect qu'il nous semble important de souligner : 

comme pour nos expéditions précédentes, ce projet repose sur l'utilisation de moyens minimalistes, en adéquation avec notre éthique et notre vision du microcosme des expéditions. Mais cette fois, l'ambition de l'objectif visé (5000 km, 65 jours d'autonomie totale) nous fait entrer dans une dimension que nous n'avions jamais atteinte jusqu'ici...

Pour nous qui voyageons sans aucun partenaire financier et donc avec des moyens limités, la préparation d'une telle expédition est extrêmement coûteuse en temps, en énergie, mais aussi et surtout, sur le plan budgétaire. Le budget global d'une telle entreprise avoisine les 60 000 € (nous y reviendrons dans une news ultérieure) !

Si l'Aventure sous-entend usuellement la prise d'un risque physique, il faut bien réaliser qu'il est davantage encore, dans notre cas, de type économique : nous "serrons très clairement la ceinture" et axons ainsi pour quelques temps notre existence sur un projet afin d'avoir le possible privilège de réaliser nos rêves...

Si vous trouvez du sens dans notre façon de réaliser ce projet [de réaliser nos rêves, de mener nos existences...], alors vous pouvez peut-être nous soutenir concrètement en faisant un don de votre choix à l'association Wings over Greenland [Vous trouverez dans la colonne de droite du blog, rubrique "dossier à télécharger", un document PDF intitulé "Soutenez-nous, faites un don" avec nos coordonnées postales et bancaires]. 

Nous ne manquerons alors pas de vous adresser un petit (ou plusieurs) message(s) particulier(s) [par mail] pendant l'expédition pour tenter de vous faire vivre "l'entreprise" de l'intérieure...

Un grand merci d'avance pour votre soutien :-)


jeudi 6 février 2014

Le choix des skis, un équipement de toute première importance

En mai 2008, lors de notre traversée longitudinale du Groenland (2250 km), nous avions apprécié les performances de nos skis d'alors : Movement Powpow et Gladiator, en 193 cm (côtes : 125/92/113, Rayon 25 m, poids 4 kg)...

Les skis, comme une majorité de l'équipement utilisé pendant l'expédition, sont un éléments déterminants à la réussite du projet. Débouler à des vitesses non négligeables, pendant plusieurs milliers de km et durant plus de 2 mois, dans les sastrugies [ces reliefs de neige compacte, aux formes saillantes, générés par le vent - voir photo ci-dessous], n'est pas à proprement parler un long fleuve tranquille, ni pour les hommes ni pour les skis : il leur faut encaisser une quantité insoupçonnable de chocs provoqués par le franchissement répété à longueur de journée des reliefs du sol. En conséquence, les skis comme les pulkas [et comme les articulations des skieurs], sont des éléments soumis à des contraintes mécaniques majeures.

Sastrugies : reliefs de neige compacte, aux formes saillantes, générés par le vent.



Leur choix ne doit donc rien laisser au hasard. Pourtant, l'affaire n'est pas simple : il y a pléthore de skis sur le marché et les marques s'ingénient à brouiller les pistes en élaborant des descriptifs qui racontent tout... et n'importe quoi.

Dans un premier temps, il nous a donc fallut faut détailler ce que nous attendions de nos skis, puis, dans un second, déterminer les paramètres qui allaient nous orienter vers un choix approprié. Ces paramètres sont les suivants :
- Grande stabilité du ski dans des neiges le plus souvent compactes à très compactes (neiges souvent très travaillées par le vent, reliefs de neiges parfois très aigus, ce sur des centaines de km), progression à des vitesses pouvant atteindre 60 km/h.
- Nous skions selon des trajectoires plutôt "tendues" (peu de courbes, jamais de virages courts)
- La progression se fait très majoritairement sur les carres (opposition à la voile ; excepté par vent très arrière) ; s'ajoute à cela la nécessité de skier en appuis talon lors des franchissements des sastrugies pour ne pas risquer "d'enfourcher" les reliefs au sol.
- Nous allons skier plus de 10 H par jour pendant 2 mois

Nous recherchions donc un ski :
- qui garde une très bonne stabilité à "grande" vitesse, notamment sur neige dure et dans les bosses : un ski avec un flex puissant [une très bonne rigidité,en torsion, mais aussi en spatule], moyennement large (au regard des standards actuels de ski freeride), long, à grand rayon de courbure,
- avec une très bonne aptitude à carver (une bonne accroche sur toute la longueur de carre)
- dont on soit 100% sûr de la longévité : construction (noyau et carres) éprouvée.
- bi-spatulé (pouvoir reculer sans aucune entrave pour faire décoller les kites ; contribue au confort dans les reliefs aigus)
- sur lequel puisse être monté proprement une fixation à inserts de type Low Tech
- poids de la paire compris entre 4000 et 4500 gr.

Une analyse relativement complète du marché européen actuel a débouché sur une première sélectionque voici :
- Movement Trust: pas reellement bi-spatule, rayon un peu court, un peu large
- Volkl Mantra: Reellement Bi-spatule, Rayon correct pas trop large
- VolklGotama: Reellement Bi-spatule, Rayon parfait, un peu large
- Scott Pure AVS: spatule arriere queue d'aronde fragile?, rayon correct, un peu large
- Kastle BMX: reellement bi-spatule, rayon parfait, pas trop large
- Kastle FX94: reellement bi-spatule, rayon un peu court, pas  large
- Armada ARV Ti: reellement bi-spatule, rayon un peu court, pas trop large
Nous avons finalement opté pour le Mantra de chez Volkl, en 191 cm : côtes 132, 98, 118. Rayon 28 m. Poids : 4570 gr.
Une marque réputée pour des constructions sérieuses et robustes. La couche de titane insérée dans la boîte contribue à une grande rigidité du ski (le Mantra est réputé pour être une "barre à mine" plutôt réservé aux skieurs "physiques"). Ses rockers relativement peu marqués favorisent la longueur de carre et lui assurent une bonne accroche sur neige dure.
Le Mantra de chez Volkl, en 191 cm : côtes 132, 98, 118. Rayon 28 m. Poids : 4570 gr.



dimanche 2 février 2014

Restez connecté !

Pendant environ deux mois, notre téléphone satellite sera notre seul lien avec la civilisation. Par ce biais, nous transmettrons quotidiennement notre position et nos impressions du jour, de façon à ce que vous puissiez suivre notre progression.

Toujours par téléphone, nous recevrons des données météorologiques quotidiennes envoyées par notre routeur. Nous maintiendrons également le contact avec notre coordinateur logistique. Et enfin, nous serons heureux et touchés de recevoir d'éventuels messages d'encouragement de votre part [nous expliquerons comment procéder dans une news ultérieure] : un "petit plus" que nous avions particulièrement apprécié lors de notre traversée longitudinale du Groenland il y a 6 ans de cela ( Wings over Greenland 2008) .

Evidemment, le téléphone satellite est également un outil majeur dans la chaine des éléments qui permettent d'assurer notre sécurité (être informé de l'arrivée d'un coup de vent, consulter un médecin afin d'obtenir un avis médical, accéder à des informations supplémentaires auprès de notre coordinateur, coordonner une évacuation ou un sauvetage en cas de besoin,...).

Bien qu'extrêmement couteux, la redondance de cet article est primordiale ; nous sommes donc pourvus de deux téléphones satellite de marque Iridium (seul opérateur à couvrir les régions polaires) : un 9555 et un 9575 Extreme.
 
S'ajoute à cela, une borne Wifi Iridium Access Point : nous serons ainsi en mesure de connecter une tablette ou un petit ordinateur à notre téléphone satellite afin d'envoyer régulièrement des images ou des textes par e-mail [la bande passante est très limitée et les coûts de communication sont très élevés, mais nous ferons de notre mieux pour vous faire vivre notre aventure].
 
Restez connecté !
 
 
Téléphone satellite Iridium Extreme 9575,
routeur wifi Access Point et tablette.
!

lundi 27 janvier 2014

Toujours à propos de la sécurité : les ours polaires, le permis d'armes à feu...

"Toute expédition se rendant dans le parc national du Groenland [quart nord-est du Groenland] est tenue de posséder une arme à feu et des moyens de dissuasion des ours polaires".

Le risque d'une rencontre sur l'inlandsis est plus qu'improbable. Mais si nous devions rejoindre la côte est du Groenland pour une raison ou une autre, il ne serait alors plus négligeable... Nous n'avons de toute façon pas le choix : la règlementation en vigueur nous impose le port d'une arme à feu. Et nous venons d'en obtenir le permis.

"Tilladelse til ind og udførsel af vaben til Groenland inkl. nationalparken. Gyldig i perioden 10. April til den 30. Juni 2014 i forbindelse med Wings Over Greenland II under ref. Nr. A-14-23."

Qui se traduit par :

"Autorisation d'importer et d'exporter des armes à feu au Groenland, y compris dans le parc national. Validité : du 10 Avril au 30 Juin 2014 dans le cadre de Wings Over Groenland II, expédition sous Réf. No. A-14-23."




En 2008, nous avions importé une carabine depuis la France. Cette fois, nous en avons fait l'acquisition au Groenland, par le biais d'un ami résidant à Narsarsuaq [sud Groenland]. Au Groenland, il n'est pas nécessaire d'avoir un permis [excepté pour les personnes se rendant dans le parc national] pour porter une arme de chasse. Ces dernières sont en vente libre dans les petits supermarchés de chaque village...

Notre carabine :
Marque : Zastava
Modèle : M-70
Calibre: 30-06 Spring

Utiliser une arme à feu demande un minimum de pratique et des agissements très protocolaires [il y a bien plus à redouter d'un usage peu précautionneux d'une arme que de croiser le chemin d'un ours agressif...]. C'est un objet qui fait parti du quotidien pour toute personne se rendant régulièrement sur les côtes est et nord-ouest du Groenland... Mais la probabilité de devoir s'en servir est, dans notre cas, quasi nulle... Et ça n'est pas plus mal.

Les ours polaires sont protégés et ne peuvent être chassés ou tués par les touristes, sauf en cas extrême de réelle légitime défense et après plusieurs tentatives infructueuses d'effarouchement de l'animal. 

 

samedi 25 janvier 2014

Wings over Greenland II et les autorités Groenlandaises : sur la même longueur d'onde !


Selon la réglementation en vigueur au Groenland :
« ... Toute expédition doit être équipée au minimum d'une balise de détresse et d'une radio VHF portable ... ». Leur utilisation nécessite l'obtention d'un permis payant accordé par les autorités.
 
 
Permis de radio accordé pour l'utilisation  de la balisse de détresse
(Kannad Marine Safelink Solo) et la radio VHF (Kenwood TH-K2).


... le permis radio en question, que nous venons de recevoir:

«L'administration Radio, par la présente,
accorde à l'expédition " Wings over Greenland II, The Icecap Circumnavigation Project"  l'autorisation d'utiliser des radios VHF ainsi qu'une balise de détresse dans le cadre de la circumnavigation et sur la totalité de la calotte glaciaire. »

Yes  !

jeudi 23 janvier 2014

Sécurité : Enjeux & solution ultime

Lorsqu'en 1988, Fridtjof Nansen [le célèbre explorateur norvégien] et ses 4 compagnons, entament la traversée de la calotte glaciaire du Groenland d'est en ouest , ils savent de toute évidence que leur destinée se résume à deux alternatives : atteindre la côte ouest ; ou bien mourir. Il n'y a alors aucun moyen de secours possible sur la côte est qu'ils viennent d'atteindre dans des conditions périlleuses...

Aujourd'hui, la donne n'est plus tout la fait la même : le sauvetage est désormais potentiellement possible partout. Mais il n'en reste pas moins un aspect particulièrement complexe dans le cas d'expéditions très isolées. Car pour être effectifs, les moyens de sécurité [que ce soit les moyens primaires élaborés pour éviter l'accident, ou ceux secondaires échafaudés pour résoudre les problèmes générés par l'accident] doivent être totalement efficaces, multiples et redondants.

Dans cet esprit, nous emmenons :
- 2 radios VHF : en premier lieu, elles autorisent une communication à distance relative entre nous sur le terrain. Par mauvais temps et en cas de perte de contact visuel, il faut pouvoir se localiser l'un l'autre [à ce sujet, voir l'encart 'Techniques de progression dans le white out' sur http://latitudes-nord.fr/carnets-et-photos/the-elements-expedition-tempetes-sur-le-vatnajoekull]. Les radio VHF sont le moyen le plus simple pour cela. En cas de secours externe, la VHF permet également d'entrer en contact avec les sauveteurs lors de leur approche finale par moyen aérien.

- 2 téléphones satellites (chacun de nous en a un). Dans le cas où l'un d'entre eux tomberait en panne, où il y aurait perte de contact visuel entre nous et pas de communication radio possible, où l'un d'entre nous nécessiterait une assistance que l'autre ne serait pas en mesure de lui apporter sans l'intervention d'une aide externe... Chaque téléphone est accompagné d'une batterie de rechange.

Au-delà de son rôle évident de maillon fondamental dans les process d'appel d'urgence et de secours, le téléphone est un élément garant de notre sécurité au jour le jour : il nous permet de recevoir des informations parfois capitales (bulletin météo) qui peut nous permettre de mieux appréhender notre sécurité... 

Radios comme téléphones nécessitent des sources d'approvisionnement en énergie électrique. Pour respecter la logique des moyens de sécurité et de secours, il faut aussi respecter celle de l'autonomie des moyens d'approvisionnement énergétique : nous emmenons donc deux panneaux solaires et deux batteries de secours et de stockage pour pouvoir recharger les équipements de communication...

Par ailleurs, les conditions de progression à vitesse élevée sur le sol très irrégulier de l'inlandsis sont extrêmement préjudiciables à l'intégrité du matériel [en particulier les équipements électroniques]. La chaine de la sécurité se prolonge donc jusque dans les moyens que nous employons pour assurer la conservation de l'ensemble des éléments nécessaires à cette chaine : ils sont stockés de telle façon à ne pas risquer d'être détruit par les chocs qu'encaissent en permanence les pulkas...

En dépit de toutes ces précautions,  bien des choses peuvent mal tourner. Que faire si, malgré tout, la chaine de sécurité / communication est rompue [si les deux téléphones satellitaires ou les panneaux solaires sont endommagés, si les batteries tampon sont à plat et si nous sommes en difficulté, si l'ensemble de nos unités de communication satellite pré-payées expirent...] alors que nous avons précisément besoin d'aide? 
 
C'est pourquoi les procédures de sauvetage sont extrêmement réglementées par le gouvernement du Groenland et c'est pourquoi ce dernier exige de toute expédition une balise de localisation personnelle (PLB) comme ultime recours pour déclencher un secours. 


Toute expédition est obligée de posséder à minima une balise de détresse personnelle...

...une radio VHF...

... un téléphone sattelite.


La réglementation précise encore:

«5.1.1. Les exigences quant à la Balise de localisation personnelle (PLB) :
  Toute expédition qui a lieu dans des zones inhabitées du nord et de l'est du Groenland, ainsi que sur ​​la banquise ou sur la calotte glaciaire, doit être en possession d'une balise de détresse certifiée. La PLB doit avoir une capacité de transmission continue [grâce à une alimentation interne effective durant au moins 24 heures à une température ambiante de -20 ° C] sur ​​les fréquences 121,5 MHz / (243m Hz) et 406 MHz.
 
PLB, marque Kannad, modèle Safelink Solo.  
En principe, après achat d'un nouvel équipement, nous sommes tous passablement excités à l'idée de l'essayer. Dans ce cas, c'est un peu différent : nous espérons ne jamais avoir à l'utiliser...

mardi 21 janvier 2014

Déjà un pied au Groenland !

Les vols pour Copenhague [Danemark] et Narsarsuaq [Sud Groenland] sont maintenant bookés ! Un pas symbolique dans la concrétisation de cette big aventure qui va nous accaparer 24H/24 pendant près de 65 jours...